Aménagement durable et exploitation forestière

Photo : Un superbe MoabiDepuis longtemps Exploitation forestière rimait avec déforestation, dégradation du milieu naturel , entraînant inexorablement la disparition d’une flore et d’une faune souvent fragile et irremplaçable.
Les écologistes et certaines ONG internationales ont lancées des cris d’alarme et petit à petit une prise de conscience prenait corps et se développait à travers le monde.

C’est grâce à cette prise de conscience que le concept de « gestion durable » des concessions forestières apparu vers le milieu des années 1990. La ressource forestière n’est pas inépuisable.De l’exploitation « sauvage », on passe à une gestion de la ressource. D’une simple cueillette souvent dévastatrice on est passé à une exploitation planifiée dans le temps et l’espace.

Une exploitation forestière planifiée :

Cette planification, dans le temps et l’espace, constitue le grand tournant dans l’activité forestière en milieu tropical humide. Pour ce faire, la préparation de ces plans d’aménagement nécessite la réalisation de différentes études:
Inventaires forestiers
Photo : Embarquement des grumes sur un cargo dans le port de Libreville. Reportage photoCartographie des formations végétales (à partir des photos aériennes et des rapports d’inventaires).
Des enquêtes socio-économiques qui concernent les villageois riverains des exploitations, les salariés travaillant sur ces exploitations et leurs familles.
La mise en place de dispositifs de recherche pour mieux connaître l’évolution des forêts.
Diverses études visant à améliorer les conditions de l’exploitation.
L’ensemble de ces études et leurs conclusions permettent d’établir des plans d’aménagement qui devraient pouvoir garantir la pérennité de la forêt et de ses fonctions économiques, sociales et environnementales.

Exploitation forestière et gestion durable :

Les plans d’aménagement aboutissent à la mise en oeuvre d’actions spécifiques. C’est grâce à ces actions qu’une gestion durable de la ressource forestière devient possible. En voici quelques exemples :
- Sur environ 5% de la superficie, l’exploitation forestière est interdite de façon à protéger des milieux exceptionnels ou fragiles.
- La durée de rotation a été fixée à 25 ans, c’est à dire que désormais on laisse la forêt se reconstituée durant 25 ans entre deux passages en exploitation.
- L’ensemble de l’activité d’exploitation est planifiée (Plans de gestion,plans annuels d’opération) et contrôlée sur le terrain.
- Des mesures sont prises pour limiter l’impact de l’exploitation sur l’environnement (choix drastiques du tracé des pistes forestières).
- Entretien et durabilité des pistes et des ponts franchissant le réseau hydrographique.

Photo : Un abatteur et sa tronçonneuse au Gabon. Reportage photoCette gestion durable garantie ainsi la durabilité des infrastructures installées mais aussi une certaine stabilité des emplois liés à l’exploitation forestière.

Exploitation forestière et actions sociales :

Le travail au sein des exploitations est éprouvant. Il y a encore peu, le personnel, souvent peu formé était précaire, nomade et peu motivé.
Grâce à la gestion durable, un gros effort de formation et une action sociale non négligeable autorise une certaine pérennité de l’emploi. Durabilité des infrastructures mais aussi durabilité des travailleurs forestiers réunis avec leurs familles sur des base-vie. Ces dernières offrent des infrastructures à caractère social collectif Photo : Portrait d'un abatteur Gabonais( École,infirmerie, salle de TV). Des puits sont creusés pour l’alimentation en eau potable, de nouvelles cases durables sont construites offrant ainsi un habitat confortable. Un système de collecte des ordures ménagères est mis en place. Des parcelles pour le développement des cultures vivrières sont crées offrant une sécurité alimentaire pour l’ensemble des familles installées sur les base-vie.
Enfin des formations professionnelles pour les postes « sensibles » (Abatteurs, pompiste, chauffeurs) sont développées.

Tous ces efforts portant sur la formation professionnelle, l’amélioration des conditions de sécurité, l’amélioration des infrastructures, la santé , le système éducatif, les loisirs et l’alimentation améliorent considérablement les conditions de vie et de travail des travailleurs forestiers.
Conscient de la durabilité de leurs emplois, ces travailleurs sont plus motivés et s’investissent d’avantage dans leurs tâches.
Cette politique de gestion durable du domaine forestier tropical donne lieu à la délivrance d’un certificat de bonne gestion forestière, renouvelé chaque année. Le certificat est apposé sur les bois et les contreplaqués produits par les exploitations forestières qui suivent cette politique.
Grâce à ces certificats, les acheteurs européens qui sont les plus sensibles vis à vis du respect du milieu naturel, sont assurés que les bois qu’ils achètent proviennent d’exploitation ne mettant pas en danger la forêt et le milieu naturel. En outre, ces acheteurs sont rassurés quand aux conditions de vie décentes offertes aux travailleurs et leurs familles.

Photo : Embarquement des grumes sur un cargo dans le port de Libreville. Reportage photoC’est un peu la mise en oeuvre dans le domaine forestier de la philosophie du « commerce équitable« .
Si les exploitants forestiers européens s’efforcent d’appliquer cette « gestion durable » du domaine forestier en zone tropicale, il en va tout autrement des exploitants d’origine asiatique. Ces derniers, après avoir ravagés la forêt de leurs contrées, viennent en Afrique avec le même esprit : couper et exploiter le maximum de bois dans le minimum de temps. Pour la gestion durable , il est urgent d’attendre …

Daniel RIFFET.
Géographe & photographe.

Voir le reportage complet dans ma photothèque en ligne.

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2 Responses to “Aménagement durable et exploitation forestière”

  1. michael andry Says:

    quels sont les effets d’une exploitation de forêt naturelle sans aménagement? quels sont les mesures à prendre avant l’exploitation?

  2. Allié Christian Says:

    J’étais forestier au Gabon et sans prétention, un précurseur de l’exploitation « durable » 2010… environ 5% des exploitations pratiquent une manière raisonnée de travailler en forêt tropicale pendant que le massacre inconscient se développe au prétexte de coopération entre pays émergents. 5% est un petit pas mais une avancée porteuse d’espoir, quant aux autres exploitants…aux gouvernements prétendument concernés de les « convaincre ».Les forestiers conscients des ravages mais isolés ne peuvent se faire entendre. J’en ai fait l’expérience… Un livre, pas encore édité:
    http://mietondawe.free.fr/E-livre