Afrique : Ressource en eau et agriculture

Photo : Benin,1999 l'eau fraiche d'un puit L’eau est indispensable à la vie.
Qu’elle qu’en soit son usage : domestique, agricole, industrielle ou de loisirs, elle a une grande valeur.
En Afrique, il est fréquent que l’on marche des kilomètres pour pouvoir en disposer.
L’eau est aujourd’hui une matière stratégique majeure.
C’est pourquoi l’ONU décréta  » Année Mondiale de l’Eau  » en 2003.
L’Afrique est confrontée à un problème fondamental : gérer la ressource en eau.

Les ressources d’eau douce immédiatement exploitables par l’homme dépendent de la répartition des précipitations.
L’eau de pluie que la population collecte est la bienvenue,même en en région bien arrosée. C’est un des avantages du toit en tôle sur le toit en chaume car les gouttières dirigent l’eau dans un récipient collecteur ou une citerne.

Ensuite, les sources, les rivières et les lacs sont les endroits où l’eau est facilement utilisable.
Les sources de pied de versant donnent une eau de bonne qualité car elle est filtrée naturellement.
Les exemples de captage sont nombreux au Rwanda, au Burundi et au Congo. Les rivières ont une eau le plus souvent boueuse, chargée de débris végétaux et malheureusement, près des villes les eaux de rivières sont très souvent très polluées.
Les stations d’épuration sont rares et les maladies provoquées par des eaux polluées sont nombreuses.

L’eau : entre abondance et rareté

Photo : Robinet et sa borne dans un village du sud MaliDans certaines régions, près de l’Equateur, les pluies sont beaucoup trop abondantes.
Ces pluies provoquent alors des inondations accompagnées de milliers de morts. Les excédents d’eau se retrouvent dans les zones marécageuses basses des plaines et dans les bas-fonds de vallées. Ces excédents sont propices à la création de foyers de paludisme.
Mais c’est plutôt le manque d’eau qui reste le problème fondamental. Les sécheresses récurrentes nuisent beaucoup aux récoltes.

On se souvient des famines dramatiques de l’Ethiopie, du Soudan, et plus généralement de tout le Sahel.
Ainsi la ressource en eau en Afrique oscille entre surabondance et rareté selon les saisons et les régions.
Cette soumission du paysan à l’absence de pluie ou à l’inondation crée incertitude et précarité dans le monde rural africain. C’est aussi sa fragilité.
Ainsi la « civilisation agraire » de l’Afrique repose largement sur les pluies et sa distribution.

Agriculture sous pluie

Pour ce type d’agriculture, en zone intertropicale humide, l’eau est disponible toute l’année : elle est abondante.
Photo : Cameroun,1985 retour de la corvee d'eauPar contre dans les zones à saison sèche, le manque de pluie peut durer longtemps. Plus la saison sèche est longue plus la possibilité de survivre est difficile.
Chez les peuples Soudaniens, les cultures vivrières
( maïs, mil, igname ) poussent avec le seul apport des pluies.
En Afrique Occidentale, sorgho et mil sont toujours cultivés sous pluies. Le coton et l’arachide sont des cultures pluviales de rentes très répandues mais très sensibles aux aléas climatiques.
En période de grande sécheresse, aucune culture n’est possible : hommes et troupeaux sont contraints à de longs cheminements pour accéder à des points d’eau et le cheptel est souvent décimé.

Agriculture de décrue

L’Egypte tenait de la crue bienfaitrice du Nil son « miracle ».
Une civilisation de la terre nourricière et de l’eau multi-millénaire en plein Photo : Bénin,2001 l'eau coule d'un chateau d'eaudésert !!

D’une façon générale l’épandage naturel des crues caractérise les vallées alluviales très large : Sénégal, Niger, Nil….
Souvent l’inondation provoquée par la crue permet de cultiver le riz en rizières non aménagées (Riz flottant).
La surface des cultures de décrue varie naturellement avec l’importance des inondations et de la largeur de la vallée.
La magie de cette crue annuelle a obligé l’homme à vivre au rythme du déplacement annuel de l’eau.
Aussi pour conclure, on ne peut qu’admirer le paysan Africain qui sait s’adapter aux caprices des pluies et des crues.
Entre abondance et rareté de l’eau, la culture pluviale,
pilier d’une  » Civilisation agraire  » millénaire est destinée à demeurer encore longtemps.

Servitude et grandeur du paysan Africain !!!

Daniel RIFFET.
Géographe & photographe.

Voir le reportage complet dans ma photothèque en ligne.

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