Dans les glaces de la Terre de Feu.

Photo : Detroit de MagellanSituée à la confluence des Océans Antarctique au Sud, Atlantique à l’Est et le Pacifique à à l’Ouest, l’archipel de la Terre de Feu est séparé de la Patagonie et des Andes par le Détroit de Magellan.
Au Sud, le passage du Drake sépare l’archipel du continent Antarctique.
Le Cap Horn est le point le plus sud de l’archipel. Cap mythique s’il en est.
Ce dernier est composé de plusieurs centaines d’ îles, la plupart très découpées et présentant de nombreux fjords.
L’île la plus grande, « la Grande Terre de Feu » est montagneuse : la Cordillère de Darwin » culmine avec le mont Darwin (2488 mètres d’altitude).
Le canal de Beagle sépare la grande île de Terre de Feu des îles Hoste et Navarino.

C’est au bord du canal de Beagle que se niche, dans une petite baie, la ville la plus méridionale de la planète: USHUAIA.
Aujourd’hui, la ville possède un aéroport et une infrastructure pour accueillir les touristes du monde entier. Ushuaïa est un endroit paradisiaque. C’est le Bout du Monde… et ce n’est pas rien…
Ushuaïa est la capitale de la Province de Terre de Feu, Antarctique et Iles de l’Atlantique Sud.

Enfin cet archipel est divisé entre le Chili à l’Ouest et l’Argentine à l’Est. Le canal de Beagle forme la frontière entre ces deux États.

Photo : Cordillère DarwinLe canal de Darwin est le prolongement occidental du canal Beagle et le relie à l’océan Pacifique. Ensemble, ils forment une voie navigable à travers la Terre de Feu entre les océans Pacifique et Atlantique, alternative à celle du Cap Horn.

La Terre de Feu est appelée » Terre du Bout du Monde ».A l’extrême sud, où les eaux de l’Atlantique se mêlent à celles du Pacifique, surgissent des paysages d’un autre monde : les îles, les fjords, les glaces éternelles, les icebergs à la dérive sur des eaux vertes et tranquilles. Ce sont aussi les fracas des glaces qui se brisent et les petits ports de pêcheurs comme Pointe Toro, face à l’île Picton. Enfin une lumière exceptionnelle et une absence totale de pollution, pour l’instant….

Une expérience fascinante, unique au monde. Un paradis pour un photographe.

Avant l’arrivée des Européens, la région était habitée par des Amérindiens depuis près de 12 000 ans.
Les Selknams étaient essentiellement des chasseurs-cueilleurs, alors que les Yagans et Alakalufs étaient des pêcheurs nomades vivant dans les nombreux canaux.
C’ est Magellan, premier Européen à atteindre les îles et à traverser le détroit qui porte son nom, en 1520, qui donna le nom de Terre de Feu à ce territoire, en raison des brasiers qu’il apercevait la nuit sur les côtes des îles mystérieuses.

Il y a encore beaucoup, beaucoup plus longtemps, cette région était totalement recouverte de glace donnant naissance à d’imposants glaciers.
Un glacier n’est rien d’autre qu’une masse de glace qui se forme par le tassement de couches de neige accumulées qui se soude en bloc compacte.

Dimanche 25 mars 2007.
Photo : Front de glacierNous naviguons dans le canal de Darwin à la rencontre des glaciers de la cordillère Darwin. Le temps est exceptionnellement beau. Nous découvrons de magnifiques paysages qui évoquent la végétation originelle. Nous pénétrons alors un labyrinthe de bras de mer où la navigation est délicate: regard permanent sur le sondeur. Nous entrons dans des fjords profonds dominés par de hauts sommets aux crêtes de neige et de glace. Photo : Chute de glacePuis brutalement nous faisons face à des fronts de glaciers vêlant régulièrement dans un fracas impressionnant: d’énormes blocs de glace tombent dans la mer.

Nous sommes au coeur de paysages profondément marqués par la morphologie glaciaire : cordons montagneux séparés par des vallées et des lacs glaciaires, des dépôts morainiques sur lesquels s’accrochent une végétation arbustive assez dense, des cascades magnifiques qui dévalent des sommets aux neiges éternelles.

Il y a aussi de denses tourbières entourées de bois tout aussi denses.
Et puis toujours cette lumière si pure, véritable inspiration pour la photographie et le photographe.Nous sommes au coeur d’une nature restée intacte.

Photo : Front de glacierLa nuit venant, nous mouillons dans des petites criques, bien à l’abris des chutes de glace et des vents omniprésents dans cette « terre du bout du monde« . Curieuses, quelques otaries viennent nous rendre visite. Elles nous saluent par un balais nautique des plus gracieux.
Des cormorans prennent leur envol en marchant sur l’eau…
Des blocs de glace flottent tout autour de notre voilier…
Au loin, le craquement sourd du travail des glaciers.

La voûte céleste s’illumine avec en son coeur la fameuse Croix du Sud.
Nous sommes au début de l’automne et les frondaisons commencent à jaunir.
Bientôt, la neige recouvrira une grande partie de ces paysages pour un long hiver austral. Les nuits seront longues, très longues sous ces latitudes extrêmes. Un monde de force brute resté intacte, originel presque.

Daniel RIFFET.
Géographe & photographe.

Voir le reportage complet :
Le reportage « Terre de Feu & Mers Australes » est visible dans ma photothèque en ligne.

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